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| Quand on partait de bon matin, à bicyclette ... |
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Parmi les différentes formes de tourisme, le cyclo-camping en voyage itinérant permet aux aventuriers à bicyclette d’être au plus près de la nature tout en évoluant dans un décor de carte postale. Le tandem de l’Association Cyclo Marche Godervillaise, Micheline et Yves Lebourg, a tenté l’aventure en juin dernier profitant des rayons de soleil précurseurs de la venue de l’été, accompagnés par un ami, Etienne Lefranc, cyclo de l’ACT Montivilliers. Ayant soigneusement préparé leur périple, les 3 mousquetaires casqués ont décidé de laisser leur carrosse à la Roche sur Yon pour rejoindre Orléans en diligence ferroviaire, le lieu de départ choisi. Dame Micheline, peu habituée à de grandes chevauchées, roule en temps ordinaire avec son groupe des « pâquerettes », des cyclos et des cyclotes partageant une même passion, le vélo loisir, unis par complicité et simplicité, parcourant les routes bucoliques du Pays de Caux. A leurs compteurs, les sorties affichent une bonne cinquantaine de kilomètres. Pour l’épouse du président d’honneur de l’ACMG, c’est donc une plongée dans l’inconnu, et pour ce voyage, il fut décidé de faire des étapes de 80 à 100km journalières, offrant le double avantage de permettre d’une part, à l’écuyère de profiter pleinement des moments présents et de la féerie des rivages et du patrimoine du fleuve royal, et d’autre part, d’être capable de terminer l’aventure sans que celle-ci ne devienne une galère. Pas de malle-poste pour acheminer armes et bagages, c’est en chargeant leurs draisiennes comme des mulets, que le trio enfourcha les montures pour les 1er tours de roue et en laissant derrière eux Orléans. Ils déployèrent tout au long du chemin les couleurs jaune et bleu du club godervillais, tout comme Jeanne d’Arc arborant son étendard lors de la libération de la ville, 600 ans auparavant. Direction Beaugency par les anciens chemins de halage, devenus depuis une véloroute reliant Nantes à Budapest. Pour les cyclotouristes, ce fut un retour dans le passé, le choix du parcours leur permit de passer allègrement de la retraite des rois de France aux terres des joutes vendéennes avec des villes étapes prestigieuses. Amboise, terre d’accueil de Léonard de Vinci, inventeur de la bicyclette dont il a esquissé les plans qui n’ont jamais dépassé le stade de la planche à dessin, concepteur avant l’heure de la chaîne. Les aventuriers casqués ont pu dresser leur tente au pied du célèbre château, siège de la cour royale au 15ème et 16ème siècle. D’autres lieux magiques et historiques eurent l’honneur du passage du trio, tels Langeais qui vit le mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne, Ancenis, dont les remparts du château subirent les assauts de 8 armées dont Henri II de Plantagenêt, Jean Sans Terre, qui devait en chercher une, et Anne de Bretagne entre autres. Les fidèles écuyers rejoignirent ensuite le rivage atlantique à Saint Brévin les Pins sur la côte de jade, station balnéaire très prisée à la belle époque, sautant allègrement, non pas les chaînes de leurs vélos, mais de la période renaissance à la contemporaine en un quart de roue. Ils traversèrent le pays de l’insurrection vendéenne et le fief des chouans, paysans qui se soulevèrent contre Napoléon 1er durant les Cent Jours. 100 jours, ce ne fut pas la durée du parcours accompli par les baroudeurs qui ont relié Beaulieu sous la Roche, via Saint Gilles Croix de Vie, en l’espace de 8 jours et 700km au compteur. A raison de 80 à 100km d’étapes journalières, dame Micheline aurait pu crier « à l’exploit » avant d’entamer le périple, plus habituée qu’elle est d’arpenter le 50 bornes sur les routes cauchoises, mais ce fut bien une aventure restant dans le domaine du possible, dont tout cyclotouriste se donnant le temps de faire du tourisme à vélo et en laissant dans les sacoches toute inquiétude psychologique conjuguée à l’accomplissement de grands parcours. Il n’y eut pas que les vélos et les sacoches qui furent chargées, mais également la tête remplie de souvenirs et émotions diverses de Micheline, Yves et Etienne, leur donnant l’envie de replonger dans une telle aventure et découverte de la France pittoresque. Parmi ces bons moments passés ensemble et au contact de dame nature et rencontres insolites, ils purent croiser un cyclo du cru qui suivit le petit groupe et qui eut la gentillesse de leur faire visiter Blois, sa terre natale, autrement qu’aurait pu le faire tout bouquin touristique. Autre moment de convivialité, ce fut l a rencontre à Villandry d’un couple circulant sur des vélos couchés, venant de Pologne et se dirigeant vers la côte atlantique pour un périple de 1800km. Les 2 groupes ont effectué un bout de chemin ensemble tout en partagent points de vue et récits d’aventures. L’arrivée à Gennes, dont le patrimoine historique englobe dans sa diversité, toute l'histoire de l'humanité, rappela de très bons souvenirs qui revinrent en mémoire des cyclos, avec le séjour 4 ans auparavant en ces lieux des adhérents du club godervillais, lors d’une manifestation de découverte de la région sur un long week-end. Les randonneurs rencontrèrent un autre vélo couché piloté par un aventurier qui ralliait Vannes à la Roumanie pour un périple de 3 mois, ils lui souhaitèrent bon voyage avec une étincelle de jalousie dans les yeux. De bien beaux rêves d’aventures au bivouac du soir pour le trio, qui, une fois, furent réveillés au petit matin par une bande d’écureuils qui les fit avoir peur, pensant à une quelconque agression, les petits rongeurs furent ravis du tour joué à ces grands bipèdes. Un foisonnement d'espèces, flore et faune confondues pendant ce voyage itinérant, la traversée d’un parc ornithologique et la rencontre avec d’énormes ragondins, sans oublier un florilège de couleurs matinales mirifiques offertes par les rives de la Loire, tel fut le quotidien des baroudeurs. Autre moment fort convivial, fut la rencontre près des remparts du château d’Ancenis, d’un groupe de 50 cyclos tchèques, la barrière linguistique entre le parler cauchois et la langue slave fut balayée par présence d’une étudiante interprète qui facilita les échanges culturels. A ne pas en douter, d’une telle croisière, on en revient avec l’envie d’y repartir, un futur projet est déjà dans les sacoches des cyclos, avec peut-être la perspective de remonter la Loire par l’Eurovéloroute N° 6 à destination de la mer Noire. Mais cela sera une autre histoire.
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