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Bataille de Somosierra par Lejeune, musée de Versailles

Armée française, planche d'André Jouineau.

Armée française, planche d'André Jouineau.

La défense de Burgos, octobre 1812, par François Joseph Heim, château de Versailles.

La guerre d'Espagne 1807/1814

1/ Les causes de la guerre :

A la suite de son étincelant succès remporté sur les troupes prussiennes à l’automne 1806, Napoléon n’a plus en face de lui que deux adversaires sérieux à vaincre, la Russie et l’Angleterre. Si l’empereur sait qu’il peut joindre et battre la Russie dans un temps relativement court, il n’en n’est pas de même pour l’Angleterre qui reste inattaquable militairement. Il va donc tenter de l’abattre en ruinant son économie.
Pour cela, il institut, par le décret de Berlin du 21 novembre 1806, le blocus continental.
L’empereur espère ainsi fermer durablement tous les ports européens aux bateaux de commerce britanniques.
Mais ce plan comporte dès le départ une grosse faille, le Portugal. Ce pays, étant devenu depuis plus d’un siècle une espèce de satellite de l’Angleterre dont toute l’économie repose sur le commerce entre les deux pays, ne peut en aucun cas appliquer le blocus sans se ruiner.
Alors, dans un premier temps et malgré les innombrables rappels à l’ordre de Napoléon, le Portugal va chercher à temporiser.
En juillet 1807, Napoléon, qui n’est pas dupe, rassemble autour de Bayonne une petite armée forte de 26.000 hommes et de 32 pièces d’artillerie sous le nom de corps d’observation de la Gironde ; il en confit le commandement au général Junot.
Le 18 octobre, ce corps d’armée quitte les environs de Bayonne, franchit les Pyrénées et entre en Espagne. Mais cette force expéditionnaire, qui a reçu l’ordre de son empereur de franchir la distance qui la sépare du Portugal dans un temps record, laisse beaucoup de traînards derrière elle, à tel point qu’il ne reste plus que 1.500 hommes au général Junot lors de son entrée à Lisbonne, le 30 novembre.

La capitale du Portugal aux mains des soldats français, Napoléon pourra s’atteler à atteindre son nouvel objectif, s’emparer de la couronne d’Espagne. Il sera aidé dans sa quête par un heureux concours de circonstance venant directement de la famille royale d’Espagne.
En effet, depuis quelques temps déjà, plus rien ne va entre le roi Charles IV, son fils Ferdinand et son ministre Manuel de Godoy.
Le 28 octobre 1807, Charles IV annonce officiellement son intention de faire un procès public à son fils qui aurait tenté de le détrôner. Quelques jours plus tard, il écrit une lettre virulente à Napoléon, l’accusant de monter son fils contre lui.
Profitant de la confusion ambiante, l’empereur ordonne à plusieurs corps d’observation d’entrer discrètement en Espagne. Le 13 novembre, le 2e corps d’observation de la Gironde dirigé par le général Dupont franchit la frontière franco-espagnole. Le 9 janvier 1808, c’est au tour du corps d’observation des côtes de l’océan du maréchal Moncey de pénétrer en Espagne. Enfin, le 9 février, le corps d’observation des Pyrénées-Orientales s’ébranle à son tour.
Toutes ses troupes sont bientôt placées sous les ordres du prince Joachim Murat (20 février).
Le 17 mars, une foule de mécontents, mené par des partisans de Ferdinand, se rendent au palais d’Aranjuez afin d’empêcher la famille royale de quitter Madrid pour l’Andalousie. Ils reprochent surtout au ministre Godoy sa mauvaise politique qui va, selon eux, menait le pays à sa perte. Le mouvement prend de l’ampleur et les manifestants assaillent la résidence royale. Sous la pression, Charles IV finit par abdiquer en faveur de son fils.
La famille royale désemparée se réfugia à l’abri de l’armée française dés que celle-ci entra à Madrid, le 23 mars. Le lendemain, le nouveau roi d’Espagne, Ferdinand VII, arrivera également dans la capitale espagnole.
Dès lors, Napoléon, qui veut placer la couronne d’Espagne sur une tête française, organisera le guet-apens de Bayonne (5 mai) qui lui permettra de placer son frère Joseph sur le trône d’Espagne (7 juin).
Mais le pays gronde et la nation espagnole se soulève toute entière contre les envahisseurs français. Le 2 mai, Madrid se révolte la première, bientôt suivie par Valence, Cadix, Grenade et Valladolid. Le 6 juin, la junte espagnole de Séville déclare la guerre à la France.
Pour Napoléon, c’est le début de la fin…

2/ Les belligérants :

Angleterre, Portugal, Espagne.
France, Confédération du Rhin.

3/ Les forces en présence :

Portugal : Environ 25.000 hommes.
Espagne : Environ 133.000 hommes (1808).
France : Environ 25.000 hommes et 32 pièces d’artillerie (fin 1807) + environ 72.000 hommes (début 1808).

4/ La chronologie des combats :

2 et 3 mai 1808, Madrid.
6 juin, Logrono.
7 juin, Alcoléa.
7 et 8 juin, Tuleda.
8 juin, Cordoue.
10 juin, Torquemada.
12 juin, Cabezon.
13 juin, Mallen.
14 juin, Cadix.
28 juin, Valence.
14 juillet, Medina del Rio Seco.
20 juillet, Baïlen.
17 août, Roliça.
20 août, Vimeiro.
30 août, Cintra.
25 octobre, Lerrin et Logrono.
31 octobre, Durango.
5 novembre, Balmaseda.
7 novembre, Burgos.
10 et 11 novembre, Espinosa.
14 novembre, Rainosa.
23 novembre, Tuleda.
30 novembre, Somosierra.
4 décembre, Madrid.
16 décembre, Cardeleu.
21 décembre, Molins del Rey.
24 décembre, Almaras.

13 janvier, Uclès.
16 janvier 1809, La Corogne.
4 mars, Orense.
11 mars, Chavès.
18 mars, Braga.
27 mars, Ciudad-Real.
28 mars, Medellin.
29 mars, Porto.
11 et 12 mai, Porto.
23 mai, Alcaniz.
15 juin, Maria.
17 juin, Belchite.
27 et 28 juillet, Talavera.
8 août, Arzobispo.
11 août, Almonacid.
18 novembre, Tamanès.
19 novembre, Ocana.
28 novembre, Alba de Tormès.
11 décembre, Girone.

18 janvier 1810, Sierra Morena.
1er février, Grenade, Malaga, Séville.
4 février, début du siège de Cadix par l’armée française.
23 avril, Margalef.
14 mai, Lérida.
8 juin, Méquinenza.
9 juillet, Ciudad Rodrigo.
24 juillet, La Coa.
27 août, Almeïda.
26 septembre, Busaco.

2 janvier 1811, Tortose.
23 janvier, Olivença.
19 février, Santa-Engracia.
5 mars, Chiclana-Barossa.
10 mars, Pombal.
11 mars, Badajoz.
12 mars, Redinha.
4 et 5 mai, Fuentès de Onoro.
10 mai, Almeïda.
16 mai, Albuhera.
17 juin, Badajoz.
28 juin, Tarragone.
23 septembre, Murviedro.
25 octobre, Sagonte.
29 décembre, Merida.

9 janvier 1812, Valence.
18 janvier, Ciudad-Rodrigo.
16 mars, début du siège de Badajoz par l’armée anglaise.
18 juillet, Tordesillas.
21 juillet, Castalla.
22 juillet, Les Arapiles.
8 août, Majahonda.
23 août, Villadrigo.
19 septembre, début du siège de Burgos par l’armée anglaise.
9 au 15 décembre, Alba de Tormes.

12 juin 1813, Alicante.
21 juin, Vitoria et Rio Hormoza.
23 juin, Palamos.
25 juin, Tolosa.
25 juillet, Col de Maya.
31 août, Irun.
1er septembre, Pont de Berra.
13 septembre, Col d’Ordal.
7 octobre, Hendaye.
10 novembre, Saint-Jean-de-Luz.
13 décembre, Saint-Pierre-d’Irrube.

27 janvier 1814, Orthez.
1er mars, Aire-sur-Adour.
13 mars, Viella.
10 avril, Toulouse.

5/ La bataille décisive :

Vitoria, lundi 21 juin 1813.
a) Les forces en présence :
France : entre 57.000 et 67.000 hommes selon les sources, 150 canons. (Commandant : Joseph/ Jourdan : Gazan, d’Erlon, Reille)
Angleterre, Espagne, Portugal : entre 72.000 et 78.000 hommes selon les sources dont environ 25.000 portugais et 10.000 espagnols, 108 canons. (Commandant : Wellington : Hill, Dalhousie, Graham)
b) Durée de la bataille :
Environ 13 heures (de 5 heures à 18 heures).
c) Les pertes :
France : 700 tués, 4.118 blessés, 2.781 prisonniers et la totalité de son artillerie sauf deux pièces.
Angleterre, Espagne, Portugal : 839 tués, 3.977 blessés, 82 prisonniers.

6/ Les traités :

a) Traité de Valençay (11 décembre 1813) entre la France et l’Espagne.

Sources bibliographiques :

Agenda des batailles de Napoléon 1805-1815, de Donauwerth à Rocquencourt ; Alain Pigeard ; Tradition Magazine hors série n°9 1999.
Dictionnaire Napoléon ; Jean Tulard ; Librairie Arthème Fayard, 1999.
Napoléon, la campagne d’Espagne 1807/1814 ; Jean Tranié et J.C. Carmigniani ; éditions Pygmalion/ Gérard Watelet 1998.
Dictionnaire de la Grande Armée ; Alain Pigeard ; éditions Tallandier 2002.
Vitoria, 21 juin 1813. La chute du royaume français d’Espagne ; Denis Gabriel ; revue Vae Victis n°12 janvier/février 1997.
Les expéditions françaises en Portugal de 1807 à 1811 ; Michel Molières ; Publibook 2001.
Contre-Guerilla en Espagne (1808-1814), Suchet pacifie l’Aragon ; Jean-Louis Reynaud ; Editions Economica 1992.

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