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LA MANUFACTURE DE MORLAIX (FINISTERE)
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| La manufacture au début du XXe siècle, cartes postales (Coll. L. Fièvre). |
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Au cours de son histoire, la manufacture va produire toutes les variétés de tabacs commercialisées en France : poudre (tabac à priser) ; rôles et carottes (tabac à mâcher) ; scaferlati, cigares, cigarillos et cigarettes tabac à fumer) et connaître toutes les phases de l’industrialisation. Jusqu’aux années 1860, la plupart des opérations s’effectuent manuellement. Le filage, le rôlage et le carottage requièrent l’emploi de rouet et de presses à bras. Le tabac est réduit en poudre au moyen de moulins rudimentaires constitués de pilons et d’un mortier. La préparation des feuilles pour la confection des cigares (capes et sous-capes) et du scaferlati se déroule également à la main. Accompagnant les travaux de modernisation du parc industriel de l’Etat, la construction du viaduc de Morlaix entre 1861 et 1864 facilite désormais l’approvisionnement par le rail des appareils mécaniques. Destinés à la confection du scaferlati, les premiers torréfacteurs mécaniques système Rolland font leur entrée à la même époque. Quatre grands chantiers de construction menés entre 1867 et 1872 permettent la mise en place des installations de force motrice à la vapeur, la construction de nouveaux ateliers et la création de la salle de râpage mécanisée de la poudre qui constitue aujourd’hui l’un des joyaux de la manufacture. Entièrement automatisé au moyen de moulins en fonte, de vis d’Archimède et de norias élévatrices, le dispositif de cette salle est aménagé sur trois étages dans le bâtiment H (bâtiment de l’horloge). Remplacés par un système de broyage automatisé, les moulins cessent de tourner en 1982.
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| Bât. B et A, élévations sur quai et sur cour, 1995 / 1999 (Coll. L. Fièvre). |
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A partir des années 1920-1930, la manufacture fait l’expérience du béton armé. Un château d’eau est construit à flanc de colline (détruit en 1996), ainsi que plusieurs grands bâtiments qui ont pour vocation de désengorger le site historique, d’accroître les surfaces d’exploitation et d’offrir un nouveau quai de déchargement à l’ouest par la voie d’accès au port. Les combles combinés en forme de T des bâtiments E, E’ et G demeurent les plus célèbres. Connu sous le nom de « Cathédrale » en raison de sa démesure, l’étage aménagé sous le toit renferme initialement un dépôt de produits fabriqués. Sa charpente en béton armé est classée au titre des Monuments historiques depuis 2001 au même titre que les bâtiments du XVIIIe siècle et que la salle de râpage. La toiture est à croupes au-dessus des bâtiments E et E’, et à deux versants au-dessus du bâtiment G. Dans sa conception, cette charpente reproduit assez similairement les structures d’une charpente métallique constituée de fermes de type Polonceau, de demi-fermes, de pannes, d’un faîtage et d’arêtiers de croupes.
CARTES POSTALES ANCIENNES Collections privées en ligne Fumeurs bretons (19 clichés)
 Fumeuses de pipe et cigarières (6 clichés)

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| Vue aérienne, 2001 (Coll. CCI Morlaix). |
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 MA CONTRIBUTION
Construit entre 1736 et 1740 par François Blondel (1683-1756), dit Jean-François Blondel, architecte de l’Académie royale d’architecture, l’établissement est implanté sur le quai de Léon à proximité du centre ville. C’est aujourd’hui le site le plus ancien conservé en état. A l’origine, la manufacture est érigée sur un terrain d’environ 20.000 m2. Dans son devis rédigé le 23 mars 1736, Blondel prescrit d’élever l’édifice avec des matériaux de qualité supérieure. Employé dans les ouvrages de maçonnerie, le moellon provient des meilleures carrières des environs de Morlaix. Les mortiers se composent d’un tiers de chaux figurant parmi les meilleures pierres d’Angleterre fabriquées dans la ville. Identiques aux pierres de taille granitiques utilisées par la municipalité pour la restructuration des quais de Léon et de Tréguier, celles que l’on trouve en élévation sont issues de l’île Callot (au nord de Carantec). De teinte brune, elles sont mises en œuvre dans les soubassements mais également en parement dans les chaînes d’angles, les jambes harpées, les piédroits, les arcs de couvrement et les appuis des baies, ainsi que dans les chaînes horizontales portant bandeaux et la corniche moulurée. Du bois de chêne est utilisé dans la construction des planchers et des charpentes, et les ardoises de couverture sont expédiées des carrières de Châteaulin.
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| Bât. B, 2002 / Bât. H (premier plan) et bât. E, E’ et G, 2002 (Coll. L. Fièvre). |
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LES EFFECTIFS EN QUELQUES CHIFFRES années : ouvriers 1750 : 1200 1777 : 0850 1811 : 1050 1846 : 0424 1870 : 1179 1878 : 1691 1890 : 1169 1900 : 0967 1914 : 0984 1951 : 0650 1977 : 0602 1984 : 0488 1999 : 0172 2002 : 0040
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| Moulins de la salle de râpage, 2000 / Bât. H avant l’incendie, 1995 (Coll. L. Fièvre). |
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A la suite d’un incendie survenu dans la soirée du 19 octobre 1995, les combles du bâtiment H, la salle de râpage du tabac en poudre, ainsi que les bâtiments I et J (salles des cases du râpé parfait) subissent de graves dommages. Confiées aux architectes des Monuments historiques, les restaurations seront menées prochainement dans le cadre du programme de réhabilitation dirigé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Morlaix, propriétaire du site depuis 2001.
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| Charpente de la « Cathédrale », 1995 / Bât. D et château d’eau, 1995 (Coll. L. Fièvre). |
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