Si vous vous interrogez sur la violence et son origine, si la non-violence vous intéresse, si vous pensez qu'une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne, si vous êtes étudiant ou enseignant en lettres,
ce site vous intéressera peut-être...
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"Un de ces rares ouvrages qui, bien compris, pourrait infléchir l'Histoire".

Vrai de vrai, c'est ce qu'a écrit, en première page du Monde des livres du 18 juin 2009, la romancière et essayiste Nancy Huston à propos de mon nouveau livre paru le 22 janvier 2009 :
OUI, LA NATURE HUMAINE EST BONNE ! Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires
(Robert Laffont).

Voici le texte complet de son article :

Qui châtie bien fait beaucoup de mal...

Le titre (qui n'est pas de l'auteur) fait frémir. La thèse (que résume le sous-titre) fait pouffer. C'est tellement énorme, se dit-on, que ce doit être simpliste, donc faux. Nous voilà au coeur du problème : l'espèce humaine est cette étrange espèce qui aime dire et entendre dire du mal d'elle-même, croire sa nature mauvaise plutôt que bonne.

Olivier Maurel, auteur d'un précédent ouvrage sur la fessée, explore ici tous les tenants et aboutissants du thème de la violence éducative. Une fois que l'on en a entamé la lecture, on cesse de pouffer et on écoute. On se souvient, peut-être, de l'enfant qu'on a été, et des coups que l'on a reçus. On apprend que, partout dans le monde, "80 à 90 % des enfants sont soumis à la violence éducative pratiquée dans leur pays".

Ainsi, la première leçon d'éthique inculquée aux petits humains est-elle une leçon paradoxale : le fort a le droit de faire mal au faible, serait-ce pour lui apprendre à ne jamais faire mal à plus faible que soi ! Le mépris des enfants suscite, chez les enfants méprisés devenus adultes, le mépris des enfants. D'où un refus de prendre au sérieux leur souffrance, et une tendance à la perpétuer, dans un des plus vieux cercles vicieux du monde.

Boussole intérieure perturbée
Le cerveau de l'enfant est justement en train de se former. Secoué, choqué, déstabilisé par la violence, incapable de critiquer ceux qui la lui infligent, dont il dépend entièrement pour sa survie, l'enfant tourne son stress contre lui-même, avec des résultats désastreux pour sa santé physique et mentale. Sa boussole intérieure est perturbée. Ses pensées se scindent de ses émotions et il apprend à ne plus éprouver de la compassion, d'abord pour lui-même, ensuite pour les autres.

En une fresque magistrale, Maurel passe en revue la philosophie, les religions, les traités d'éducation et la littérature, de l'Antiquité à nos jours. Il montre comment les trois monothéismes ont élaboré le concept d'un Dieu paternel et punissant, modèle et justification des pères réels châtiant leurs enfants. Les garçons sont plus frappés que les filles, précisément pour qu'ils ne deviennent pas des "femmelettes".

Alors que Jésus incarnait à cet égard une attitude révolutionnaire ("Si vous ne devenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas au royaume des cieux"), saint Augustin - après s'être amèrement plaint des châtiments subis pendant sa scolarité - formulera le dogme du péché originel qui fera de chaque humain à la naissance un être mauvais, devant être contraint par la force à emprunter la voie du Bien.
Le chapitre le plus lumineux du livre est peut-être celui qui rapproche ce dogme chrétien de celui, psychanalytique, du complexe d'Œdipe. En décidant de ne plus croire aux abus sexuels subis par ses patient(e)s, Freud opère un retournement spectaculaire : alors que les vrais fautifs étaient les pères, le coupable désigné sera l'enfant. Ce ne sont pas les adultes qui violent ou maltraitent leurs rejetons, mais ceux-ci, "pervers polymorphes", qui rêvent d'inceste et de parricide. D'où, pour Freud, cette certitude : "Il faut que l'éducation inhibe, interdise, réprime."

Impressionnants pères sévères
Les conséquences de cette misopédie généralisée sont ahurissantes mais prévisibles. Un garçon battu aura plus de chances de battre sa femme et ses enfants ; une fille battue, de devenir une femme battue et de battre ses enfants. Ont été des enfants gravement maltraités, non seulement la quasi-totalité des délinquants et des criminels, mais aussi les hommes politiques s'arrimant à des idéologies virulentes et désignant à leur tour des boucs émissaires à éliminer, de Milosevic à Hitler, Staline ou Mao. On n'aime pas entendre cela. On est tellement impressionné par ces "pères sévères" que la seule idée de chercher à expliquer leurs méfaits par leur enfance nous frustre de notre colère. On est tellement fasciné par l'horreur d'Auschwitz qu'on préfère ou bien la sacraliser en décrétant qu'elle est incompréhensible, qu'"il n'y a pas de pourquoi" - ou, au contraire, la banaliser en prétendant que tout un chacun est susceptible de devenir bourreau.

Si on lit le livre d'Olivier Maurel, on ne pourra plus raisonner ainsi. On apprendra, d'une part, que toutes les populations s'étant livrées à des génocides avaient reçu une éducation basée sur la discipline, la punition, l'obéissance aveugle, et, d'autre part, que les individus ayant refusé de collaborer au déploiement du mal extrême, ayant préservé leur compassion (les "Justes" par exemple), avaient vécu, petits, dans la tendresse et le respect de leur entourage.

Certes, malgré la puissance des arguments de Maurel et la pléthore de ses preuves, plusieurs questions restent sans réponse. Quid, par exemple, des parents permissifs, dont les enfants peuvent être ultraviolents ? Quid de la violence comme preuve de liberté, chère à l'Homme du souterrain de Dostoïevski ? Quid, surtout, des autres causes de la violence ? Car celle-ci, pour les êtres fabulateurs que nous sommes, est une source inépuisable d'histoires, d'intrigues, de rebondissements et d'effets inattendus. Bien plus que la création (qui, elle, est toujours lente et laborieuse, toujours partielle), la destruction - instantanée, spectaculaire - nous donne un accès rapide et euphorisant à la toute-puissance divine.

Oui la nature humaine est bonne ! soulève un sacré lièvre. Il faut surmonter ses résistances, le lire et le faire lire. C'est un de ces rares ouvrages qui, bien compris, pourrait infléchir l'Histoire.

Vous pouvez lire d'autres critiques de ce livre, dont notamment celle d'Alice Miller, sur le site http://monsite.wanadoo.fr/maurel2
Si vous ne trouvez pas ce livre en librairie, vous pouvez le commander à votre libraire ou à O. Maurel 1013C Chemin de la Cibonne 83220 Le Pradet (20€ port compris).
Peut-être qu'après avoir lu ce livre, vous direz comme Lili, lectrice âgée de 29 ans et mère d'une petite fille : "Je viens de finir "Oui, la nature humaine est bonne" et ce livre est en train de bouleverser ma vie complètement, avec de grosses remises en questions, une vue de la vie et des autres nouvelle..."

Quand vous aurez fini de parcourir ce site, vous trouverez un complément à ces deux autres adresses : http://monsite.wanadoo.fr/maurel2 (présentation d'Oedipe et Laïos, Dialogue sur l'origine de la violence, L'Harmattan, 2003).
Et surtout http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=1235
où vous trouverez les articles suivants :
PRÉSENTATION D'OEDIPE ET LAÏOS
publié le 04/12/2003
APERÇU D'UN MONDE SANS VIOLENCE ÉDUCATIVE
publié le 27/01/2005
DÉCLARONS LA PAIX AUX ENFANTS
L’éducation sans violence, condition du développement de la non-violence
publié le 28/01/2005
EMISSION SUR RCF (RADIO CHRÉTIENNE DE TOULON) DU 14 AVRIL 2004
La non-violence active
publié le 28/01/2005
EMISSION SUR RCF (RADIO CHRÉTIENNE DE TOULON) DU 26 MAI 2004. PRÉSENCE MARISTE
La violence éducative
publié le 28/01/2005
EMISSION RCF PRÉSENCE MARISTE
Violence éducative et Eglise catholique
publié le 28/01/2005
EMISSION RCF (RADIO CHRÉTIENNE, TOULON)
Rompre avec la violence éducative
publié le 28/01/2005
COMMENT LA COMMUNAUTÉ JUIVE DE BULGARIE FUT SAUVÉE DU GÉNOCIDE.
Un exemple d'action non-violente réussie injustement ignoré.
publié le 28/01/2005 (texte complet)
POUR UNE RÉINTERPRÉTATION DU PERSONNAGE D'ABRAHAM
Abraham est-il un exemple d'obéissance ou d'objection de conscience?
publié le 02/02/2005
UN VIATIQUE POUR LE TROISIÈME MILLÉNAIRE :
L'histoire biblique de Joseph et ses frères
publié le 02/02/2005
UN SI FRAGILE VERNIS D'HUMANITE
Présentation du livre remarquable de Michel Terestchenko sur la banalité du mal et la banalité du bien (La Découverte, 2005).
CAFE-PARENTS DU PRADET (VAR)
Ce café est ouvert les premiers et troisièmes samedis du mois, hors vacances, de 9h à 11h, à l'entrée ouest du Pradet, près de l'école des Gravettes. Entrée libre. Consommations offertes.

Il est aussi vivement recommandé aux visiteurs qui s'intéressent à la question de la violence éducative de se rendre sur le site de l'Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (http://www.oveo.org), association que j'ai créée avec une équipe d'amis et avec le soutien d'un bon nombre de personnalités de plusieurs pays. En adhérant à cette association et, éventuellement, en participant à son action, vous contribuerez à ce que la violence éducative soit reconnue comme un mal, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Si vous souhaitez recevoir le premier communiqué de cet observatoire (mars 2006), il vous suffit de le demander : omaurel@wanadoo.fr.

Depuis le 21 février 2007, l'Observatoire de la violence éducative ordinaire, en accord avec l'association Ni claques nifessées et Stop Violence Stop Maltraitance propose aux associations un appel pour obtenir l'interdiction de la violence éducative. Cet appel a réuni 188 signatures d'associations. Toutes les associations qui le souhaitent peuvent encore le signer. Il est publié sur le site de l'Observatoire.

Tout ce que j'ai écrit porte de près ou de loin sur la violence et la non-violence, peut-être parce qu'enfant j'ai couru sous les bombardements de Toulon et que je me suis toujours demandé pourquoi les hommes passaient une bonne partie de leur temps à s'entremassacrer.
La meilleure réponse, je l'ai trouvée dans les livres d'Alice Miller. Pour avoir une idée de leur contenu : www.alice-miller.com
Livres
Pétitions
Essais sur le miméti
Spee et sorcières
Bulgarie et non-viol
Questionnaire
Résilience
Rapport de l'OMS
Ecrivez-nous :
OMAUREL@wanadoo.fr
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