Saint Christophe en 1792
Chapitre 1erChristophe les bois comme on l’appelait à cette époque de la révolution, car tous les Saints du calendrier étaient supprimés, est bâti au midi et abrité au nord par la Garenne du château Seigneurial, et agrémenté d’un cours d’eau qui passe derrière le bourg, en longeant dans toute son étendue. Ses maisons qui pour la plupart sont vieilles de plusieurs siècles, sont pour ainsi dire uniformes. Des portes pleines, en cintre pour la plupart, des fenêtres ornées de châssis dormant en canor, laissent pénétrer un peu de jour dans ces pauvres demeures. Une rue presque unique n’est qu’un chemin vicinal mal entretenu ; de la paille est étendue tout le long, et dans les recoins, jusque devant les portes des habitations, s’étaient des tas de fumier, ramassis de paille pourrie, du milieu de la rue et des animaux des étables.
Son église parait encore plus vieille que les autres habitations ; son campanile où sont suspendues ses cloches, car Christophe les bois à cette époque possédait deux cloches, l’une, la plus ancienne offerte en l’année 1728 par Mr De Chertemps, Seigneur de Saint Christophe ; l’autre plus récente offerte par Madame la Marquise Charlotte Bénigne Rigoit de Bretenvilliers, veuve du Marquis César Lettelier de Montmirail, habitant quelque fois son château de Saint Christophe, un des plus beaux spécimens du moyen âge. La description de ce monument demanderait plusieurs chapitres ; je n’entreprendrai donc point d’en faire ici une explication détaillée, je me bornerai seulement à en décrire sommairement que les choses principales et utiles pour le récit qui va suivre.
Le château
Chapitre 2
Bâti circulairement ; unissant à la fois la force à l’élégance, ses larges fenêtres vitrées et en ogives, donnant au rez-de-chaussée au bord de l’eau, car une large et profonde douve entourait ce beau monument. Un pont levis en défendait l’accès, s’abaissant et se relevant à volonté, à l’aide de contre poids. Un souterrain donnait accès dans une des grandes salles, passant par-dessous la douve conduisait au presbytère, et de là à la Chatellan de Belledoie.